Comment pêcher en mouche sèche ?

Publié par Bernard Charlot le

Comment pêcher en mouche sèche ?

La technique de pêche en mouche sèche est souvent la première qu'essaye d'acquérir le débutant. Dans de nombreuses situations ce n'est plus la technique la plus productive en France du fait de l'évolution des rivières et comportements des poissons, mais pour beaucoup elle procure toujours une émotion incomparable lorsque vous voyez littéralement le poisson s'emparer violemment de la mouche que vous lui avez présentée et surveillez des yeux: peu ont oublié leur première prise en mouche sèche surtout s'il s'agissait d'un beau poisson !

Nous ne parlerons pas ici de matériel abordé dans d'autres blogs, mais seulement de comment commencer à pêcher en bord de rivière.

Les points essentiels pour pêcher en mouche sèche sont :

  • -le choix de la rivière et du jour de pêche
  •  le choix de l'endroit précis ou pêcher
  •  le choix de la mouche
  •  l'approche et le positionnement par rapport au poisson
  •  le lancer de la mouche et son contrôle jusqu'à toucher un poisson
  • le ferrage et la récupération du poisson.

Nous allons détailler ces quelques points essentiels. Ils dépendent tous du type de poisson recherché: nous prendrons surtout le cas de la truite en exemple mais évidemment il est nécessaire de l'adapter à l'habitat et au comportement particulier de chaque type de poisson.

Où et quand pêcher ?

Vous cherchez donc à pêcher un poisson à la mouche sèche  Il est évidemment essentiel de choisir une espèce qui se nourrit d'insectes en surface et une portion de rivière où cette espèce est très présente. Pour la truite il s'agit en France des rivières dites de 1ère catégorie , qui sont en général les hauts des bassins: petites rivières se jetant dans de plus grosses, ou début du cours de grandes rivières (comme l'Ardèche par exemple). Les cartes des rivières éditées dans le guide annuel de chaque fédération départementale vous  permettra de les identifier.

Le choix parmi toutes ces  rivières peut être compliqué. Mon conseil est de commencer par une rivière proche de chez vous , où vous pourrez aller pêcher souvent et apprendre à bien la connaitre.

Choisissez au début une zone accessible, pas trop encombrée par la végétation et de profondeur d'eau relativement faible à l'époque où vous pêchez: il est souvent nécessaire d'entrer dans l'eau et profondeur et courant accroissent la difficulté et le danger. Une zone alternant sur quelques centaines de mètres grands plats et petit courants est parfaite.

Quand aller pêcher ? Vous irez peut être pêcher à l'ouverture ou au moment de vos congés. Ce n'est pas forcement le meilleur moment pour débuter en pêche en mouche sèche. En début de saison, les eaux sont fortes et teintées, les  éclosions de mouches sont rares et les truites ne s'alimentent pas toujours beaucoup en surface. Si vous voulez tenter votre chance quand même, essayez par beau temps les heures les plus chaudes de la journée dans une rivière ne charriant pas des eaux de fonte de neige (regardez la météo montagne et où est la source !). D'avril à Juin, est probablement le meilleur moment en France pour pêcher en PALM à toute heure de la journée. En été, avec  la chaleur et le manque d'oxygène préférez la pêche en zone ombragée, le matin ou le soir et dans les courants.

Envisagez aussi les réservoirs qui permettent au débutant de s'entrainer dans des conditions souvent plus faciles.

Choix de l'endroit précis où pêcher

Qui n' a pas connu un grand moment de solitude en se trouvant avec sa canne devant une rivière et ne sachant par où l'aborder ?

En pêche à la mouche sèche deux possibilités de base s'offrent à vous:

- soit pêcher les gobages : c'est le plus connu. Vous regardez si des gobages ont lieu: frémissement discret ou plus fort à la surface générant des cercles concentriques. Une fois un gobage repéré vous allez essayer d'amener la mouche juste dessus si le gobage est répétitif au même endroit ou aux environs des gobages vus si le poisson se déplace gobage après gobage. Il s'agit souvent d'un circuit plus ou moins répétitif et l'on peut espérer que le poisson revienne après quelques minutes sur un gobage précédent.

- soit "pêcher l'eau": ou plus précisément les postes. En l'absence de gobages, il est possible de pêcher aux endroits ou l'on imagine qu'un poisson peut être actif. Ceci est souvent plus facile dans les petites rivières que dans les grandes rivières: aux abords de cache comme des rochers ou arbres, des berges , dans les courants qui apportent la nourriture. Préférez les courants aux grandes zones calmes surtout en débutant, vous améliorerez grandement vos chances de toucher un poisson.

Quelle mouche choisir ?

Le choix de la mouche est important surtout en eaux calmes. En eaux rapides le poisson a moins le temps d'observer la mouche et doit se décider très vite. Néanmoins  une mouche "plausible" doit être choisie.

 Une connaissance des types d'insectes (entomologie) propre à la zone que l'on pêche peut grandement aider ainsi que l'observation des mouches naturelles présentes à la surface de l'eau, en l'air, sur la végétation et sous l'eau (larves). Elle peut s’acquérir dans des livres comme "Le guide entomologique des pêcheurs à la mouche"  mais aussi par discussion avec d'autres pêcheurs, notamment dans les clubs et par expérience personnelle.

Lorsqu'un type d'insecte est présent et semble apprécié par les truites , il est évidemment préférable de proposer une imitation ressemblante. Pour ce faire il est conseillé de se constituer une boite de mouches comprenant quelques variations (en taille et en luminosité des types d'insectes qui pourront être présents  sur votre zone de pêche.

En l'absence d'informations précises et notamment si aucun insecte n'est visible, des mouches d'ensemble représentant des types de mouches variés mais aucun insecte particulier, peuvent être utilisées. Nous proposons une boite de mouches débutants composée de surtout de mouches de ce type.

choisr une mouche débutant

A noter que l'on conseille généralement d'utiliser des coloris sombres par beau temps et des coloris plus clairs par temps couvert.

Dès lors qu'une mouche fonctionne, persévérez avec et pensez à la réutiliser lorsque les conditions vous sembleront similaires.

L'approche et le positionnement par rapport au poisson

L'approche et le positionnement par rapport au poste que l'on veut pêcher sont très importants et dépendent du type de poisson. Pour la truite qui est extrêmement méfiante, une approche très discrète est nécessaire surtout en eaux très limpides.. La truite active et recherchant des insectes est le plus souvent positionnée face au courant pour avoir une  bonne visibilité sur la nourriture qui arrive. Il est donc plus facile de l'approcher par l'aval en lançant vers l'amont. les conditions de ferrage sont aussi meilleures.

Il faut essayer de se dissimuler au mieux: soleil dans le dos, utiliser les rochers et la végétation, éviter les vibrations dans l'eau.

Il convient de se rapprocher au maximum. Pourquoi ne pas pêcher de loin ? car vos lancers seront moins précis et surtout vous aurez du mal à assurer que la dérive de votre mouche soit naturelle en présence de courant. La plupart des prises se font à moins de 10m, parfois sous la canne !

Le lancer de la mouche et son contrôle

Nous ne développerons pas ici les techniques de lancer, objets d'ouvrages entiers et où l'apprentissage pratique est primordial. Pour la PALM en sèche, l'objectif à se fixer est de poser la mouche précisément et discrètement à l'endroit choisi. En lancer classique , 1 ou 2 faux lancers vous permettront d'ajuster la distance si besoin et le dernier lancer avant devra faire tomber la mouche en douceur dans l'eau.

Sur un positionnement classique du pêcheur en aval de la truite, le point visé sera un peu en amont de la truite dans le courant qui va amener naturellement la mouche à l'endroit du gobage (ou au poste où vous pensez que peut se trouver une truite). Cette dérive doit s'effectuer de façon naturelle, à la vitesse du courant, sinon il est probable que la truite refusera votre mouche. Malheureusement votre soie , posée dans l'eau, va avoir tendance à entrainer la mouche, à la faire draguer à une vitesse et dans une direction différentes de celles voulues, d'autant plus si la soie passe dans un courant différent de celui de la mouche. Un bas de ligne long, un positionnement adéquat de la soie en fin de lancer et des techniques de replacement de la soie après lancer vous permettront de limiter ce problème. La mouche doit passer précisément sur le poste visé à quelques centimètres près, la truite ne se déplacera pas !

 

Le ferrage et la récupération du poisson

Ça y est vous avez touché un poisson ! Il reste à le ramener. Un bon ferrage au moment de la touche est essentiel: parfois la truite se ferre seule mais on ne peut toujours compter dessus. Il est donc essentiel de rester concentré et prêt à ferrer même après beaucoup de lancers infructueux. La soie ne doit pas être trop détendue au moment de la touche: n'oubliez donc pas de récupérer progressivement de la soie à la main ou au moulinet durant la dérive. Le dosage est essentiel car une soie trop tendue accentue le dragage par contre.

Une fois ferré il faut garder le contact avec le poisson , ce qui signifie garder la soie et le BDL toujours tendus pour limiter les possibilités de décrochage, notamment si vous pêchez avec des mouches sans ardillon ou ardillon écrasé ce qui est conseillé pour éviter de blesser les poissons que vous relâcherez (au moins ceux plus petits que la maille autorisée) et obligatoire en no-kill.

En PALM la récupération progressive de la soie est souvent faite par  des tirées de la main gauche (pour un droitier) et en bloquant la soie sur la canne avec l'index de la main droite pour repositionner la main gauche plus haut sur la soie. Le maintien de la tension est lié à cette action des deux mains et à la position de la canne plutôt haute. Pour de plus gros poissons l'usage du moulinet peut devenir utile et un bon frein limiter les risques de casse du BDL lors de rush du poisson. Il faut garder à l'esprit que l'on fatigue plus vite une belle prise  en la tirant latéralement dans un sens puis dans l'autre (elle doit lutter en nageant en permanence) plutôt qu'en maintenant une canne très haute. Si vous pratiquez le no-kill , utilisez une pointe pas trop fine et abrégez le temps de récupération pour ne pas épuiser le poisson.

Pour finir, une épuisette à mailles fines, de préférence noire, vous permettra de terminer votre prise. En no kill évitez de sortir le poisson de l'eau (photo dans l'épuisette plutôt que poisson tendu à bout de bras) et de le toucher si possible: un  dégorgeoir est nécessaire  pour retirer la mouche délicatement. Si la mouche est trop engamée, n'hésitez pas à casser le fil et laisser la mouche dans la bouche du poisson, il s'en débarrassera tout seul et ses chances de survie sont bien meilleures qu'avec une longue manipulation blessante.

epuisette mouche

J'espère vous avoir donner quelques éléments pour débuter en PALM à la mouche sèche. Il sont évidemment succincts et vous développerez vos  propres convictions et votre expérience au bord de l'eau !

 

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